Une carte mentale pour explorer Condition de l'homme moderne

Publié le par Thierry Ternisien d'Ouville

Une carte mentale pour explorer Condition de l'homme moderne

Publié dans Arendt

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Moncif DAOUDI 30/11/2014 21:01

il y a là -avec toutes mes excuses- une erreur fatale, celle d'attribuer au travail " l'entretien du monde ".
vous savez très bien que le travail chez H.ARENDT, tout comme le travailleur, est " hors ddu monde" (cf., CHM). c'est # la trace # de l'oeuvre (et non pas le processus de l'oeuvre lui meme. ex: l'art) qui entretienne le monde et en garanti la durabilité.

Moncif DAOUDI 02/12/2014 00:08

j'ai été poussé par la seule une envie d'apprendre (vu que cela fait partie de ma spécialité) que j'ai commenté votre posting.
merci monsieur.

Thierry Ternisien d'Ouville 01/12/2014 23:52

Plutôt d'accord avec votre commentaire. N'attachez pas plus d'importance qu'elle en mérite à cette carte mentale. Penchez vous plutôt sur les deux cours que j'ai consacrés à CHM. Je serais très intéressé par vos remarques. Je partage ce que vous dites sur le monde selon Arendt.

Moncif DAOUDI 01/12/2014 23:30

Je vous remercie monsieur pour votre interaction favorable.
je sais bien que vous avez écrit un livre sur H.ARENDT, et de ce fait vous etes familiarisé avec ses textes. Et de ma part j’aime bien discuter avec les gens ‘’du domaine’’ pour éclaircir, rectifier… mes convictions.
Il y a deux années environ, j’ai préparé une recherche (pour ma licence en philosophie) précisément sur le concept du « monde » chez ARENDT. Et actuellement, je prépare pour mon master une recherche –sous la direction du département de recherche en philosophie de l’Histoire, à l’Université MohamedV Rabat/Maroc- sur le concept philosophique et politique de l’Histoire chez Vico, Hegel et Aron (sous l’influence d’ARENDT).
J’ai travaillé dans ma première recherche sur des distinctions, sur les quelles tout le monde n’est pas d’accord, entre les différentes significations du concept « monde » dans le corpus Arendtien. celle de : 1) l’édifice humain (le monde en tant qu’ensemble de choses (things, et non pas ‘objets’ dans la traduction française) résultats du processus de fabrication de l’homo faber). 2) le milieu extérieur (=ou phénoménal comme dans le premier chapitre de ‘the life of the mind’) par opposition au milieu intérieur de l’égo, « the inward space where the self is cheltered against the world… » (what is freedom, in; Between Past and Future, The Viking Press, New York, 1961, p 146. Dans la traduction française, ‘la crise…’ p 190.) 3) le domaine public (le monde politiquement organisé). 4) le réseau des relations humaines… Ainsi, me parait-il, de telles distinctions sont nécessaires pour bien comprendre la pensée arendtienne, qui est, philosophiquement parlant, une pensée non philosophique! Car elle prend comme objet de pensée ce qui a en dehors meme de la pensée, à savoir ‘le monde’.
A propos de ce que vous avez dit (qui est bien un exemple situé dans le dernier paragraphe du chapitre ‘le Travail’ dans CHM, la traduction française de ‘ the Humain Condition’, p 147) je dis ceci :
(sans bien entendu évoquer les références prouvant que le travail se colle toujours à la consommation, et s’identifie au processus cyclique de la nature… tant d’affirmations que vous connaissez certainement) ; l’exemple qu’était votre argument pour défendre l’idées que le travil entretien le monde, est précédées par un paragraphe que requiert une lecture philosophique.
« the second task of laboring » c.-à-d. « constant [and] unending fight against the processes of growth and decay » (the Humain Condition, 2nd ed, The University Of Chicago, Chicago & London, 1998, p 100. Dans la CHM, p 146) ; cette seconde tache qu’ARENDT attribue au ‘travail’, celle de « préserver » et « protéger » le monde (‘’ l’entretenir ‘’ selon votre terme) n’est plus attribuée au concept du travail tel qu'il est le critiqué par elle, c.-à-d. le travail tel que l’époque moderne le conçois et le présente, et que Marx le théorise en définitive, ni meme le travail tel que les grecs le représentaient, mais une « lutte laborieuse, distincte de l’accomplissement essentiellement pacifique du travail [là, au sens moderne du terme] obéissant aux besoins immédiats du corps, bien qu’elle soit encore moins ‘‘productive’’ que le métabolisme direct de l’homme avec la nature [là, la définition marxiste du travail […] » (CHM, p146 147). Vu cela, la lutte laborieuse ou la seconde tache du travail qu’ARENDT suppose qu’elle « nettoie le monde » (Ibidem), n’est pas " le concept du travail " que développe ARENDT dans CHM et quelque parts dans les autres textes (que ce soit dans le sens moderne et/ou marxiste ou grec), mais cette activité « moins imposée à l’homme par la condition de la vie humaine […] » (CHM, p 146) ; encore une fois non le travail dont la « nécessité » est le caractère essentiel, mais une « lutte » « étroitement liée au monde » (CHM p147).
Donc, il n’est pas précis de dire que ‘‘ le travail’’ –sans restriction- en général chez ARENDT entretienne le monde encore une fois sans précision, car cette « seconde tache de travail » préserve seulement « l’édifice humain » (CHM, p 146) qui permet au monde d'exister.
Quant à l’exemple d’Hercule et le nettoyage des écuries d’Augias, il est un exemple Historique présenté par ARENDT (comme elle faisait tout au long de son corpus, et comme vous le savez très bien: la Polis, l’Augmentation ou l'autorité Romaine...) comme « expérience Historique » incarnant sa thèse, et non pour s’y appuyer pour la justifier.

Merci d’avoir lu ma réponse, et j’espère que vous me répondiez afin d’élucider et/ou rectifier certaines de mes convictions.

Thierry Ternisien d'Ouville 30/11/2014 22:36

Lire écuries d'Augias.

Thierry Ternisien d'Ouville 30/11/2014 22:35

Relisez Condition de l'homme moderne. Si c'est bien l'oeuvre qui garantit la durabilité du monde, c'est bien le travail qui l'entretient comme Hercule nettoie les écuries d'Aunis, comparaison choisie par Arendt. L'oeuvre construit le monde, le renouvelle, le répare, le travail l'entretient. Merci de votre commentaire qui me permet d'apporter ces précisions présentes dans mon cours.