Pour quoi combattons-nous ?

Publié le par Thierry Ternisien d'Ouville

Écrit hier, dimanche 6 décembre.

Je rentre de quatre jours passés chez un ami d'enfance qui vient de perdre son père. Aussi ce soir je me sens plutôt en décalage après avoir été confronté avec ce que notre société cherche le plus à camoufler : notre condition de simples mortels. Surtout en ayant dans le coeur le souvenir de ma sœur morte le 5 décembre 2006.

Ce soir c'est à une autre forme de mort que nous assistons avec les scores du FN et de l'abstention. La mort de la démocratie représentative sous les assauts répétés d'une société consumériste mortifère.

Face à un tel événement, suivant la tragédie du 13 novembre, plutôt que de parler en tout sens et de chercher à nier ou retarder  l'ampleur de la maladie qui touche notre monde, c'est plutôt à la méditation, l'introspection personnelle que je je me sens enclin.

Pour pouvoir répondre avec les autres à la question sans réponse[1] que pointait Hannah Arendt dans La crise de la culture (Between Past and Future).

Pourquoi, pour quoi nous combattons-nous ?

 

[1] (...) le tonnerre de l'explosion finale a également submergé le silence précédent lourd de menaces qui nous répond toujours chaque fois que nous osons nous demander, non pas "Contre quoi combattons-nous?" mais "Pour quoi combattons-nous ?" , La crise de la culture (folio essais, page 41). 

 

Publié dans Arendt, Actualité

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