La tangue

Publié le par Thierry Ternisien d'Ouville

La tangue
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La tangue

Creuse ton sillon à la recherche des ombres disparues, définitivement ou momentanément. Mais fais le tranquillement, posément. Il n’y a pas de temps perdu, il y a seulement du temps retrouvé.

Brouillard presque opaque, réel celui-là. Seule l’ombre du Mont, présente dans ma mémoire, se dessine, fantôme sous mes yeux.

Un rayon de soleil perce brièvement la brume et éclaire l’ange puis s’en va.

Pieds nus, je tangue, oscille dans la tangue. Premier équilibre à trouver avant d’aller, peut-être, vers le large.

Le plaisir du froid sous les pieds.

Le chat qui miaule, quelques conversations me ramènent au moment présent. Les oiseaux chantent harmonieusement aujourd’hui.

Où allons-nous ?

Rien n’est visible à l’horizon, le doute gagne notre guide, mais je reste serein, sûr que notre voyage aura lieu, comme je suis sûr de mon voyage à la rencontre de mes ombres aimées.

Flottement, des groupes se dispersent dans la baie.

Le Mont veille sur nous, force tranquille issue du travail des hommes, monde construit sur la nature, merveille qui montre à la fois la grandeur et la faiblesse humaines.

Le brouillard se lève progressivement, la ballade aura lieu. Mais jamais nous ne verrons l’intégralité de l’horizon. Belle métaphore de mon incapacité, ou plutôt de ma prétention à vouloir tout embrasser, tout comprendre.

Nous avançons maintenant d’un pas plus sûr vers un rocher encore invisible.

Vers le passé du Mont, forme de jumeau construit puis rasé et abandonné par les hommes. Rendu aux oiseaux. Tombelaine.  

Froid qui pique dans les deux rivières qui s’accouplent.

Miaulement du chat. L’atmosphère semble s’apaiser. Les cloches sonnent.

Tombelaine sort progressivement de la brume. Dragon couché veillant sur la baie.

La joie du groupe est de plus en plus perceptible. Je ressens ce sentiment d’entre naissance et mort, d’entre passé et futur. Une forme d’amitié flotte dans l’air.

Chaleur du repas, chaleur des conversations, chaleur du soleil.

Retour apaisé vers le Mont, vers le monde.

La silhouette du Mont et son reflet servent de décor à un groupe de cavaliers.

Une journée qui reste accrochée à mes pieds comme cette tangue si difficile à enlever. Faut-il d’ailleurs l’enlever ?

Le calme est revenu, ici et en moi.

Écrire, mon troisième auxiliaire, qu’il me reste à apprendre à conjuguer.

Un beau programme !

 

Thierry Ternisien d’Ouville

Atelier d’écriture chez Isaphil à Saint James

17 octobre 2021

Publié dans Ecrire

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