Le nœud

Publié le par Thierry Ternisien d'Ouville

Le nœud

Au creux du ventre, chaque matin, comme un coup de poing.

Réel, Symbolique et Imaginaire. Bien noués. Lacaniens. Borroméens.

Réel. Un silence qui résiste, qui dure, qui fait mal. Une absence, trois absences. Douloureuses.

Symbolique. Des nombres. 11, une durée. 1, une avance. 19, une date. 119, un numéro.

Imaginaire, surtout. Images, sons, souvenirs. Contraste violent, surprise, choc, sidération.

Vacances avec les enfants. Soleil, rires, insouciance. Voix des parents depuis l’Italie, chaque soir. Joie.

11 jours de vacances. 1 heure d’avance. 1 heure de marge prise pour les bouchons, les risques d’accident. 1 heure inutile ce matin-là, le 19 juillet.

  • « Vous êtes déjà là », la mère au téléphone.
  • « Il va falloir comprendre », le père à l’arrivée.
  • « Ne fais pas ça », la mère au père.
  • « A 70 ans il va falloir l’éduquer le grand-père ! Dehors de chez moi », le père au grand-père.
  • « Non, de chez vous », le grand-père.
  • « 60/40 », le père.

Confrontation, cris, séparation.

  • « Petit con, macho », le grand-père au père.

Le grand-père assis, accablé, décidé.

La grand-mère triant les bagages des enfants, dehors devant le garage. Commentant à la mère, muette.

Les enfants ????

Le père insultant, moquant toujours.

Le grand-père et la grand-mère à la mère :

  • « Le père est malade, il y a un problème de violence avec les enfants, il faut qu’il voit quelqu’un ! »

La mère :

  • « Nous ne sommes pas une famille maltraitante ! »

Le père sortant du jardin où il était caché :

  • « C’est fini la comédie ! Les piliers sont solides. Il peut reculer la voiture. Du balai ! »

Les au revoir des enfants, tristes et courbés, comme la mère.

Une pause, 200 mètres plus loin. Grand-père et grand-mère se regardent, abasourdis, sonnés. Qu’est-ce qui vient de se passer ?

Le retour par l’autoroute sans s’arrêter. Du monde, plus qu’à l’aller. Une heure de plus. Mais une concentration sans failles, celle d’après le choc, de la survie, de la sidération.

Le soir, après quelques échanges, signalement d’une situation préoccupante pour 2 enfants au 119. Une conseillère du 119 rappelle le lendemain matin.

 

Depuis, ce nœud qui revient chaque matin.
Au creux du ventre. Chargé d’images et de voix. Douloureux d’un silence et de trois absences.

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