Les grands emplois

Publié le par tto45

 A rapprocher de l'intervention d'hier soir de l'occupant d'un "grand emploi"

Il faut avoir exercé ce que l’on appelle les grands emplois pour savoir à quel point ils détournent de la réflexion. Les journées hachées menu, les coups de téléphone, les audiences, la lecture cursive des documents, ne laissent aucun temps ni, ce qui est pire, aucune énergie pour l’effort qu’exige la mise en ordre des idées. On acquiert l’habitude de réagir à un propos, à  une note, à un évènement. On perd celle de réfléchir, d’insérer dans un ensemble le fait qui a déclenché le réflexe. On glisse de plus en plus rapidement, de plus en plus adroitement, à la surface des choses. On ne raie même plus la glace. Et puis,  un jour, devant un trou imprévu dans l’horaire, on se découvre incapable d’utiliser ce vide et on prend conscience du sien.


 Jacques de Bourbon Busset,  La révolution informationnelle.  IBM Magazine, mai 1991.  Cité dans Le Syndrome de Chronos. D. Ettighoffer & G. Blanc.  (1998).  Dunod.

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