Au fil de la plume, les traces d'une vie simplement humaine (projet)
Qu'est-ce qu'une vie réussie, sinon une vie simplement humaine, traversée de mes doutes, de mes joies, de mes chutes et de mes recommencements ?
De l'éveil de mes premières années jusqu'à l'ultime seuil, cet ouvrage trace ma géographie intime, envisagée comme une traversée. Née de l'expérience vécue de mon année de sevrage, cette réflexion m'invite à un triple mouvement : me détacher des rives de l'enfance (désæncrer), m'enraciner dans la terre fertile de mes choix (æncrer), et bâtir ce qui me survivra (œuvrer).
Porté par une grammaire du quotidien et incarné tour à tour par le Jardinier, le Lecteur, le Guetteur, le Scribe et le Funambule, ce texte est ma vigie contre l'appauvrissement de la pensée et mon manifeste pour un monde habitable. Un voyage poétique et philosophique pour apprendre à tenir l'équilibre précaire entre terre et ciel, et poser, l'encre apaisée, mon regard sur le mystère intact de ce qui demeure inachevé.
« Sur le fil d'une vie vraiment humaine, là où je pose définitivement ma plume face au mystère. »
Il y a des livres qu'on n'écrit pas pour enseigner, mais pour comprendre. Des textes que l'on coud au fil des jours, à mesure que le temps dépose son sédiment sur mes mains et dans ma mémoire.
Ce livre est né d'une année singulière. Une année suspendue entre deux rives, vécue comme un grand sevrage, du 28 juillet 2025 au 28 juillet 2026. Douze mois de décantation, traversés au rythme de mes Écrits du funambule, quatre volumes tressés comme autant de cercles concentriques autour de mon existence : Autour du corps, pour habiter ma chair et la fragilité du vivant ; Autour de la cité, pour mesurer mon lien au monde et aux autres ; Autour du geste, pour affiner ma trace et mon action juste ; et enfin Autour de l'esprit, pour veiller sur les hauteurs de ma pensée.
Vivre, c'est d'abord apprendre à nommer ce qui m'échappe. C'est avancer sur une ligne de crête, suspendu entre l'urgence du monde et la paix de l'intime. Trop souvent, j'ai pu courir après des absolus qui m'étranglaient, oubliant la beauté fragile d'une existence simplement humaine — faite de mes pas maladroits, de mes silences habités et de mes saisons traversées.
Ce livre est la topographie de ma marche. Il ne propose aucune méthode ni aucun prêt-à-penser ; il offre simplement les jalons récoltés au cours de cette année d'introspection, une grammaire pour habiter mon propre corps et mon propre temps.
Tour à tour jardinier de mes saisons, lecteur attentif de mes propres lignes, guetteur posté sur mes marges et sur l'horizon, scribe de mon éphémère et funambule en équilibre au-dessus du vide, je tente cette traversée. Il s'agit d'apprendre à m'arracher à mes certitudes, à planter mes racines dans le sol meuble de mes choix, puis à lever les yeux vers ce qui me dépasse.
Et si la vie n'était finalement qu'une longue lettre que je m'écris à moi-même, avant de la confier au vent ? Ouvrir ce livre, c'est poser un premier pas sur mon chemin, là où l'encre des quatre saisons de mon sevrage rencontre le papier, et consentir enfin à la grâce lumineuse de mon inachèvement.
I. L'Élan Vital : Les quatre âges de l'existence
- 0-25 ans : Apprendre à vivre — L'éveil au monde, la construction et l'apprentissage premier.
- 25-50 ans : Apprendre à aimer — Le temps du désir, de la rencontre et du mouvement de libération (désæncrer).
- 50-75 ans : Apprendre à transmettre — La maturité, la sédimentation et l'enracinement des choix (æncrer).
- 75 ans et au-delà : Apprendre à mourir — L'ultime seuil, l'acceptation de la finitude et la réalisation de l'œuvre (œuvrer).
II. Le Sol du Monde : Les trois mouvements de l'ancrage
- Désancrer : S'arracher à mes certitudes et quitter les rives originelles.
- Æncrer : Plonger mes racines dans le sol fertile de mes choix et de ma trajectoire.
- Œuvrer : Bâtir, laisser trace et parachever ce qui demeure.
III. Le Fil du Quotidien : La grammaire des seize verbes
- Sentir, Penser, Observer : L'éveil de la conscience et la réceptivité au monde.
- Agir, Panser, Désaliéner : L'action au cœur du temps, le soin de mes blessures et l'affranchissement de mes carcans.
- Relier, Limiter, Pænser : La mesure du lien, la pose de mes frontières et le travail de l'écriture.
IV. La Topographie des Cinq Rôles
- Le Jardinier : Cultiver et entretenir le vivant dans la patience des saisons.
- Le Lecteur : Se nourrir au centre de la rose des vents et contempler la sédimentation de mes pensées.
- Le Guetteur : Scruter l'horizon, anticiper et veiller sur les lointains.
- Le Scribe : Consigner, relier et fixer ma trace par l'encre et la plume.
- Le Funambule : Tenir mon équilibre précaire, suspendu entre terre et ciel.
V. Les Trois Jalons de la Traversée : Poser la plume
- 1. Manifeste pour un monde habitable et une nature respectée — L'appel du Jardinier et du Guetteur face à l'urgence de la Terre.
- 2. Sur le fil d'une vie vraiment humaine — L'incarnation de ma marche de Funambule et ma quête de l'intime.
- 3. Le piège de la langue confisquée — Ma vigie de Scribe contre l'appauvrissement des mots et de la pensée.
- L'inachevable et l'inachevé : Accepter l'immensité de ma quête et la beauté fragile de ce qui reste ouvert.
- Le passage : Le franchissement du seuil, sur le fil, dans la nudité et la grâce d'une vie simplement humaine, là où je pose définitivement ma plume face au mystère intact.
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