Lutter pour un monde convivial

Publié le par Thierry Ternisien d'Ouville

Ce que le jeune homme de 1975, toujours présent en moi, a envie de dire en 2022.

Les trois principaux facteurs de ce qu'Ivan Illich appelaient la contre-productivité sont au bord de l'effondrement. Les modes capitalistes pour éduquer, transporter, et soigner ne se remettent pas de l'arrêt provoqué par le confinement. Sans parler de l'énergie, du commerce globalisé et probablement très bientôt des communications. La société automatique du tout profit et tout numérique déraille.

C'est à la fois effrayant et enthousiasmant. Il va nous falloir inventer la société conviviale qu'Ivan Illich appelait de ses vœux, retrouver un souci de nos mondes communs et de la Terre.

La dernière trouvaille des défenseurs acharnés du capitalisme n'est rien d'autre que de détourner nos regards des  effondrements en cours et des enjeux à relever pour nous battre pour de purs symboles sans grand sens concret : le climat et la planète. 

Incapables de relever les défis que leur pose l'effondrement du monde humain et des sociétés, les hommes sont appelés à  relever des défis qui les dépassent de très loin. Appelés par des scientifiques aliénés qui ne voient plus la Terre comme la terre nourricière mais comme une boule surchauffée dont il faut baisser la température, et ont oublié ce que c'est de se soucier d'un monde commun n'ayant plus qu'une  vision machinique et numérique de la pluralité des êtres humains.

C'est en chacun de nous que se trouve l'énergie créatrice de ce monde convivial. Luttons pour lui et non contre un monde déjà en train de s'effondrer. 

Et pour cette lutte les langues, la justice, la science du doute et du débat et la technique au service de l'homme  sont nos alliées. Soignons les au lieu de les détruire.

Lutter pour un monde convivial

Publié dans QVN, 1975

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