Voyage avec Hannah Arendt (2). Vers le XXIe siècle

Publié le par Thierry Ternisien d'Ouville

En ces années de crise sans fin (ou simplement de métamorphose), il peut être intéressant de se tourner vers l’œuvre et la vie de penseurs ayant vécu dans ce que Bertolt Brecht appelait des « sombres temps ». Sombres temps où l’espace public semble masquer plutôt que dévoiler et où la parole ne semble d’aucun secours.

Pour comprendre notre passé, décrypter notre présent et dégager des pistes vers le futur je me suis tourné, depuis 2002, vers un guide exceptionnel qui a traversé jusqu’en 1975 un XXe siècle, si riche de promesses et si plein de catastrophes : Hannah Arendt.

Née en 1906 en Allemagne dans une famille juive laïque, étudiante brillante de grands maîtres de la philosophie (Husserl, Jaspers, Heidegger), c’est l’évènement catastrophique de l’arrivée d’Hitler et des nazis au pouvoir qui va, à la fois, bouleverser sa vie en la conduisant à l’exil en France puis aux États-Unis où elle vivra jusqu’à sa mort, et l’amener à devenir, pour beaucoup, l’écrivain politique le plus original et le plus intéressant du XXe siècle.

Toute sa pensée et toute son œuvre seront consacrées à penser les évènements auxquelles elle sera confrontée, depuis les totalitarismes, en passant par les différentes crises de la culture, de l’autorité, de l’éducation, de la république, jusqu’aux révolutions.

M’appuyant sur mes travaux de lecture et d’écriture (blog[1] et livre[2]), j’ai conçu et donné, à l’Université du Temps Libre d’Orléans (UTL), entre octobre 2013 et mars 2014  un cours où les deux premiers livres de Hannah Arendt nous ont servi de guide pour voyager à travers le XXe siècle avec quelques escapades dans d’autres temps, y compris le nôtre :

  • Les origines du totalitarisme (1951),
  • Condition de l’homme moderne (1958).

D’octobre 2014 à avril 2015 les livres suivants d’Arendt nous accompagneront pour amorcer la transition entre le XXe et le XXIe siècle :

  • La crise de la culture (1961),
  • De la révolution (1963),
  • Eichmann à Jérusalem (1963), 
  • Vies politiques (1968),
  • Du mensonge à la violence (1972),
  • La vie de l'esprit (publié en 1978 après sa mort).

Nous disposerons ainsi de bases solides nous permettant de poursuivre en octobre 2015 par un cours sur « la condition humaine au temps du numérique » avec comme question centrale « la numérisation, l’écriture numérique, est-elle un poison ou un remède ? ».

L’œuvre d’un philosophe contemporain centrée sur cette question, Bernard Stiegler, sera aussi mise à contribution.

Afin de vous remettre dans le bain de la pensée si particulière de Hannah Arendt et d’accueillir ceux qui nous ont rejoint pour cette deuxième saison, je vous proposerai comme premier cours, début octobre, un « résumé » de la première saison.

 

 

[2] Réinventer la politique avec Hannah Arendt, Éditions Utopia, novembre 2010.

Publié dans Cours, Arendt

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