Le nœud qui tient
Ce matin, en regardant cette image, je me suis reconnu.
Assis à la table de travail, devant la fenêtre qui ouvre sur la campagne, je suis là, un stylo à la main, un carnet ouvert. Derrière moi, la bibliothèque veille. Sur l’écran, une conversation silencieuse se poursuit. Au centre, trois cercles entrelacés – rouge, bleu et jaune – dessinent un nœud.
À mes côtés, un petit compagnon à quatre pattes, fidèle et tranquille, pose sa tête près de moi.
Ce nœud n’est pas une simple figure.
C’est la forme que prend ma vie depuis longtemps : trois anneaux qui ne tiennent que parce qu’ils sont indissociablement liés. Si l’un est retiré, les deux autres se séparent.
Autour de moi flottent des mots légers : usure, lucidité, allègement, liberté, présence… Ils tournent comme une constellation discrète, comme les pensées qui se relient dans la bibliothèque intérieure.Je ne pose pas cette image pour dire où j’en suis.
Je la pose simplement pour témoigner : je suis là, usé jusqu’à la corde, encore en train de traverser une longue période de transition, encore en train d’apprendre à habiter ce corps qui se souvient et qui se libère lentement.
Le nœud tient.
Pas malgré les fragilités, mais grâce à elles.
Pas dans la force, mais dans l’entrelacement patient.
Et moi, je continue à écrire, page après page, dans ce carnet et sur ce blog.
Non pour conclure, mais pour déposer.
Non pour expliquer, mais pour que cela existe.
Usé mais vivant.
Usé et pænsant.
Lucide, libre, aimant.
Et c’est assez – pour aujourd’hui.
/image%2F0923303%2F20260428%2Fob_88bec3_e3d47814-dee2-401c-8321-a52e487570ab.jpg)