Le geste du funambule. Pænser sans rampe – Présentation du projet de livre
Cette illustration résume avec force et poésie l’esprit du livre : un funambule avance sur un fil tendu, portant les trois traces majeures de sa marche :
- Jeter l’æncre – Arrivée à bon port et préparation du grand voyage
- La condition de l’homme numérique (2020-2023) – Diagnostic et mémoire
- Pourquoi j’ai lâché la rampe – Du diagnostic à la pratique, pænser sans béquille
Roxane est présente, calme et fidèle. En bas, les livres et archives (2007-2027) forment le socle. La mention « Pour les Leftovers – Un socle de traces » donne toute sa profondeur au projet.
Ce livre n’est ni un traité, ni un bilan, ni une somme théorique.
C’est le récit d’une marche lente et obstinée sur un fil : vingt ans (2007-2027) à tenter de pænser — sentir, penser, panser et agir — sans rampe.
Le fil, c’est ce mouvement fragile et répété.
Le balancier, ce sont ces vingt années qui m’ont appris à ajuster chaque pas.
Une partie de cette marche s’est faite dans la chair même : un long sevrage entamé en 2025, palier après palier.
Le corps et l’esprit ont dû réapprendre à habiter le vide, à sentir à nouveau sans filtre, à observer sans armure, à attendre sans précipitation.
Ce chemin intime m’a appris, dans ma propre peau, ce que signifie vraiment « pænser sans rampe ».
Au centre du geste : le sentir.
C’est lui qui empêche de tomber soit dans l’abstraction froide, soit dans l’activisme aveugle.
Avec Proust et Virginia Woolf, ce sentir prend chair : les cent regards qui se croisent, les « moments d’être » où le temps ordinaire se déchire pour laisser apparaître quelque chose de plus vivant.
La bibliothèque n’est pas une rampe.
Elle est le balancier vivant : Arendt pour juger sans garde-fou, Stiegler pour bifurquer le pharmakon, Weil pour l’attention pure, Camus pour la révolte mesurée, Anders pour le décalage, Illich pour la convivialité, et Keats pour rester dans l’incertitude féconde.
Pænser, c’est marcher ainsi : un pas après l’autre, soucieux de moi, soucieux de ceux à qui je suis relié, soucieux du monde que j’habite, soucieux mais heureux — heureux de vivre, fragment d’humanité, instant d’éternité, trace d’un monde.
Un équilibre précaire. Jamais acquis une fois pour toutes. Qui se perd à chaque pas et se retrouve à chaque pas.
Usé mais vivant. Le fil tient encore. Et le geste continue.
- Introduction – Tendre le fil
- Premier pas – Sentir (Proust + Woolf)
- Deuxième pas – Penser (Arendt)
- Troisième pas – Attention (Weil)
- Quatrième pas – Révolte (Camus)
- Cinquième pas – Pharmakon (Stiegler)
- Sixième pas – Délai (Anders)
- Septième pas – Complexité (Morin)
- Huitième pas – Convivialité (Illich)
- Neuvième pas – Capacité négative (Keats)
- Interlude central – Le geste du funambule
- Les pas dans le réel – Conversations suivies (vaccinales, climatiques, numériques)
- Trace finale – Soucieux de …
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