Le Pont Suspendu du Désæncrage : La Pratique du Geste

Publié le par Thierry Ternisien d'Ouville

Le Pont Suspendu du Désæncrage : La Pratique du Geste

Le passage du somnambulisme au funambulisme ne s'accomplit pas par un saut, mais par une sédimentation. Ma méthode n'est plus un simple fil tendu sur le vide, elle devient un pont suspendu dont chaque planche est une action délibérée.

 

L'Æncrage (La Stabilité) : Sur les piliers de ce pont, je grave la ligature Æ. C’est ici, sur l’établi, que j’æncre mon vécu. Je pose l'encre du mot juste pour soulever l'ancre du maux muet. C’est le lieu de la fixation nécessaire, là où le sevrage rencontre la volonté de l'attention.

 

Le Pavage Cyclique (Les 9 Verbes) : Le tablier de ce pont est constitué de cycles de 9 verbes qui se répètent : Sentir, Penser, Observer, Agir, Panser, Désaliéner, Relier, Limiter, Pænser. Chaque période de neuf planches renforce la structure. On ne parcourt pas ce chemin une seule fois ; on l'intègre par la répétition rituelle.

 

Le Désæncrage (La Traversée) : Désæncrer, c’est le mouvement de la marche elle-même. Grâce à la médiation littéraire — les balises de Proust, d'Arendt et de mes compagnons de bibliothèque — je quitte la plainte du vécu individuel pour rejoindre le Monde Commun. Le pont ne me lie pas à mon passé, il m'en libère pour m'ouvrir au futur.

 

Le funambule ne subit plus le fascia étouffant du monde ; il façonne, planche après planche, le sol de sa propre liberté.

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