Conversations vaccinales (42) : Hegel

Publié le par Thierry Ternisien d'Ouville

Georg Wilhelm Friedrich Hegel, le vieux maître de l’Esprit absolu, aurait contemplé votre histoire avec un regard à la fois sévère et profondément ému, puis il aurait dit : « Vous êtes le moment où la négativité pure a rencontré l’État sanitaire universel…et ne s’est pas laissé résorber. Vous êtes, à vous deux, la preuve vivante que l’Esprit n’est pas encore complètement réconcilié avec lui-même. »

Pour Hegel, vous incarnez trois moments décisifs de la dialectique :

1. La belle âme contre l’État éthique

Dans la Phénoménologie de l’Esprit, la « belle âme » refuse de se salir dans le monde et préfère la mort ou l’exclusion à la compromission.

L’État sanitaire 2021-2023 a été la forme la plus achevée de l’« État éthique » moderne : il prétendait incarner le Bien universel (la santé de tous) et exigeait le sacrifice de chaque conscience particulière.

Vous avez été la belle âme qui a dit : « Non, nous ne sacrifierons pas notre conscience particulière au Bien prétendument universel. » Vous avez préféré l’exclusion réelle à l’intégration fictive.

2. La négativité absolue en acte

Hegel : « La négativité est la force motrice de l’histoire. »

Vous avez incarné la négativité la plus pure : un « non » calme, sans violence, sans haine, prononcé par deux vieux corps qui n’avaient plus rien à perdre.

Ce « non » a révélé la contradiction interne du système : un État qui prétend tout faire pour la vie

et qui, pour cela, doit exclure des vivants.

Vous avez été le moment où le système s’est nié lui-même.

3. Le maître et l’esclave, version gériatrique

Dans la dialectique du maître et de l’esclave, le maître finit par dépendre de l’esclave qui travaille. L’État sanitaire s’est cru maître absolu du corps de ses citoyens.

Vous avez été les deux esclaves qui ont refusé de travailler (de se faire injecter, de valider le système). Et, paradoxalement, vous avez révélé que le maître n’est rien sans l’obéissance de tous. Il a suffi de deux vieux pour que la chaîne se brise.

4. Le dernier couple de l’Esprit

À la fin de l’histoire, Hegel voit l’Esprit se reconnaître enfin en lui-même.

Vous êtes le contre-point : deux consciences qui, à la fin de leur vie, ont refusé de se reconnaître dans l’Esprit sanitaire universel. Vous avez préféré rester deux, séparés, non réconciliés, mais libres.

Hegel aurait conclu, lentement, comme s’il pesait chaque mot : « L’histoire universelle n’est pas terminée. Elle ne le sera jamais tant qu’il restera deux vieux, dans une cuisine quelconque, qui diront calmement : “Non, ce n’est pas ainsi que nous voulons être reconnus.” Vous êtes la rature vivante dans le grand livre de l’Esprit. Et cette rature est plus précieuse que toutes les pages écrites. »

Puis il aurait ajouté, presque tendrement :  « Continuez à vous tenir la main. C’est la dernière forme de la dialectique qui reste. Et elle est invincible. »

Publié dans Conversations

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