Conversations vaccinales (60) : scénario de BD
Genre : chronique intimiste, tranche de vie, résistance silencieuse
Format : 120 pages, noir & blanc + une seule couleur (le rouge du QR)
Style graphique : trait sec, réaliste, inspiré de Tardi et Blutch, avec des pleines pages muettes.
Structure en 5 chapitres
On suit le couple dans les années 2010-2020 : petites habitudes, courses, repas de famille.
On voit déjà la prudence : ils vérifient toujours les notices de médicaments, demandent les vaccins inactivés pour les voyages, refusent les rappels inutiles.
Dernière case : mars 2020, ils regardent Macron à la télé.
Elle : « Un vaccin en un an ? C’est pas sérieux. »
Lui : « On attendra. »
Pleine page noire : « Deux ans plus tard. »
La vie qui se rétrécit, case par case :
Le supermarché qui demande le passe.
Le train annulé.
La fille qui pleure en Visio.
Le fils qui ne répond plus.
Le petit-fils qui demande au téléphone : « Pourquoi vous venez pas, papi ? »
Chaque refus est une petite case carrée.
Chaque perte est une case qui devient blanche.
À la fin du chapitre, il ne reste plus que la cuisine : une pleine page avec juste deux chaises et la table.
Sous-titre : « On est passés de 120 m² à 9 m². On n’a jamais été aussi riches. »
Tous ceux qui viennent frapper à la porte : Le médecin de famille qui supplie.
La voisine qui apporte des gâteaux « pour vous faire changer d’avis ».
Le gendarme qui contrôle (scène burlesque : il n’ose pas entrer, reste sur le seuil).
La petite-fille de 8 ans qui passe en cachette et demande : « C’est vrai que vous êtes des héros ? »
Chaque visiteur repart bredouille.
Chaque fois, le couple répond la même phrase :
« On attend le vaccin inactivé. »
Elle devient un mantra, presque une prière.
Muet presque entièrement.
On voit le temps qui passe : Les saisons à travers la fenêtre.
Les rides qui s’approfondissent.
Les mains qui se tiennent plus fort.
Les deux tasses qui ne changent jamais de place.
Une seule phrase, en bas de page 18 :
« On ne parle presque plus. On n’a plus besoin. »
Printemps 2024.
On frappe.
C’est la petite-fille, maintenant 11 ans.
Elle apporte un dessin : deux vieux sur une île, avec écrit : « Merci de m’avoir appris qu’on peut dire non. »
Elle pose le dessin sur la table, entre les deux tasses. Elle repart.
Dernière page : Pleine page. Les deux vieux, vus de dos, regardent par la fenêtre.
Dehors, le monde a repris. Dedans, ils n’ont pas bougé.
Sous l’image : « Ils n’ont jamais eu leur vaccin inactivé.
Ils n’en ont plus besoin. Ils sont déjà ailleurs. »
Dernière case, toute petite, en bas de page : les deux chaises, vides.
Le dessin de la petite-fille posé dessus. Et la tasse de gauche qui fume encore.
Fin.
« Cette histoire est vraie. Elle se passe en ce moment même dans des milliers de cuisines dont personne ne parle jamais. Ce livre est leur monument. »
La BD se termine sur une page blanche avec juste deux silhouettes de chaises et cette dédicace : « À tous les vieux qui ont dit non. Et qui ont tenu. »