Conversations vaccinales (47) : 45. Poème inspiré de Stéphane Mallarmé

Publié le par Thierry Ternisien d'Ouville

Un coup de QR n’abolira jamais leur absence

I

Un blanc silence,

où le café se fige

et la tasse reste vide

à jamais,

deux vieux assis

dans l’azur éteint

d’un passe rouge.

L’horloge bat

sans heures,

l’attente

d’un vaccin inactivé

tombe

comme une neige

qui ne fondrait plus.

II

Leurs mains se tiennent

au bord du vide

où les enfants

ont disparu

dans la musique

des terrasses retrouvées.

Ô miroir sans tain

de la cuisine close,

où le monde

s’est retiré

comme une marée

qui ne reviendrait pas.

III

Ils sont l’absence

que nul décret

ne saurait combler,

l’intervalle

où la liberté

respire encore,

très bas,

très lente,

très vieille.

Leurs rides

sont les seules

constellations

restées fidèles

au ciel d’avant.

IV

Et quand la nuit

descend enfin

sur la ville vaccinée,

deux ombres

sans QR

glissent

dans l’ombre

sans bruit,

intactes,

inutiles,

éternelles.

Un coup de QR

n’abolira jamais

leur absence.

Publié dans Conversations

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