Sur le fil – Usé mais vivant
« Matin du mercredi 29 avril 2026. La joie d’être arrivé à bon port. Au bon port qui me permettra de préparer le dernier et grand voyage. Je peux enfin jeter l’ancre. Jeter l’æncre — l’ancre et l’encre à la fois. »
Ces dernières semaines, trois textes ont émergé, presque naturellement. Chacun à sa manière témoigne d’une étape de la longue marche que je poursuis depuis des années.
Ce premier texte marque l’arrivée à bon port après une traversée difficile. Il dit le soulagement de pouvoir poser l'ancre — et l'encre — pour préparer le dernier grand voyage, tout en continuant à tendre le fil.
Ce texte revient sur une période intense où j’ai tenté de nommer le basculement que nous vivions : la perte du monde commun, l’acosmisme contemporain, la prolétarisation de l’attention. C’était une première cartographie, nécessaire, mais encore trop abstraite.
Ce récit raconte le passage décisif du diagnostic à la pratique. Le moment où j’ai compris que nommer le mal ne suffisait plus : il fallait apprendre à le traverser, à pænser sans béquille, à marcher sans rampe.
Ces trois textes ne sont pas séparés. Ils forment les traces successives d’un même geste : celui du funambule.
- Sentir l’événement dans sa chair.
- Penser sans rampe, panser sans illusion de guérison totale.
- Agir avec mesure.
Accepter l’équilibre précaire. Continuer, pas après pas, même usé. C’est cela, le geste du funambule — le cœur du livre que je prépare aujourd’hui sous ce titre.
Usé mais vivant.
Le fil tient encore.
Et le geste continue.
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